Hausse du taux d’usure : le crédit immobilier vraiment plus accessible ?

1,72%. Ce chiffre, froid et brut, résume la nouvelle réalité du crédit immobilier en France. Malgré l’ajustement du taux d’usure, la prudence reste de mise : les taux des emprunts immobiliers grimpent à un rythme qui inquiète autant qu’il interroge. En août, ils plafonnaient à 1,58%. Depuis, la hausse s’est confirmée, portée par une politique monétaire plus stricte de la Banque Centrale Européenne. Dans ce climat, beaucoup s’interrogent : l’accès au crédit immobilier va-t-il vraiment s’assouplir dans les prochaines semaines ? Éclairage sur ce contexte mouvant.

Quelles conséquences concrètes derrière la hausse du taux d’usure ?

Depuis octobre 2022, les plafonds légaux pour les taux des prêts immobiliers ont évolué. Voici en détail les nouvelles limites définies :

  • 3,05 % pour les crédits de 20 ans ou plus ;
  • 3,03 % pour les prêts dont la durée est inférieure à 20 ans ;
  • 3,03 % pour les financements de moins de 10 ans.

La Banque de France l’a souligné dans son communiqué : cette augmentation, plus marquée que celle de juin, a été validée par le ministère de l’Économie et des Finances. Pour mémoire, le taux d’usure constitue un garde-fou destiné à éviter les dérives. Il protège les emprunteurs des conditions abusives, que ce soit sur le taux du crédit ou la tarification de l’assurance emprunteur. Cette remontée du taux d’usure va permettre à certains profils, jusque-là bloqués à cause d’un décalage entre taux réel et taux plafond, de voir leurs dossiers acceptés. Mais l’effet restera transitoire. Les taux immobiliers poursuivent leur ascension, et l’écart pourrait rapidement se refermer.

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Pourquoi certains dossiers sont-ils recalés à cause du taux d’usure ?

Beaucoup de candidats à l’achat voient leur demande de financement stoppée net. Le mécanisme est implacable : si le TAEG (taux annuel effectif global), tous frais inclus, dépasse le seuil du taux d’usure, la banque n’a légalement pas le droit de vous accorder le prêt. Résultat : le projet tombe à l’eau, même pour des ménages solvables, simplement parce que la mécanique réglementaire bloque tout dépassement.

Hausse du taux d’usure : une fenêtre d’opportunité, mais très étroite

À court terme, plusieurs spécialistes du crédit y voient une bouffée d’air. L’augmentation de près d’un demi-point offre aux banquiers une marge de manœuvre accrue dans l’analyse des dossiers. Les critères s’assouplissent, certains ménages qui n’entraient pas dans les cases retrouvent une chance de décrocher leur financement.

Ce contexte ouvre une fenêtre, certes étroite, pour ceux qui souhaitent concrétiser leur projet immobilier. Pourquoi ce timing ? Parce que les taux des OAT (Obligations Assimilables du Trésor) sont eux aussi en hausse. Si la tendance se poursuit, les banques devront ajuster leurs barèmes et les taux pourraient repartir à la hausse. Saisir cette période où la hausse du taux d’usure coïncide avec une certaine stabilité des taux nominaux, c’est profiter d’une configuration temporairement favorable. Mais attention : en cas de nouvelle augmentation des taux de crédit, l’équilibre pourrait basculer très vite, et refermer la porte à de nombreux candidats à la propriété.

Le marché du crédit immobilier n’attend personne : ceux prêts à sauter le pas devront le faire avec lucidité, en gardant un œil vigilant sur l’évolution des taux. D’ici peu, la fenêtre pourrait se refermer tout aussi brutalement qu’elle s’est entrouverte. À chacun de mesurer le risque… et d’agir avec discernement.

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